Lettres et allocutions (1913-1914) · Saint Pie X

    Lettre au cardinal Ferrata pour le Congrès eucharistique de Malte (8 avril 1913)

    LETTRE

    à S. Em. le cardinal Ferrata, archiprêtre du Latran

    légat au Congrès eucharistique de Malte.

    NOTRE CHER FILS, SALUT ET BÉNÉDICTION APOSTOLIQUE.

    Parmi les manifestations de foi publiques les plus illustres que le monde catholique doit donner, cette année à l'occasion du centenaire constantinien, le Congrès annoncé pour promouvoir, suivant l'usage, le culte de la très sainte Eucharistie tiendra assurément une des premières places. La commémoration d'une juste liberté rendue à l'Eglise lui donnera de l'éclat, car le divin Fondateur de cette liberté est là présent et vivant dans l'auguste sacrement.

    Pour la réunion de ce Congrès, on a admirablement choisi Malte, cette perle des îles; placée sous la domination d'un peuple dont l'empire s'étend très loin, cette île est habituellement fréquentée par des vaisseaux qui, parcourent toutes les plages de l'univers, et, comme elle se trouve au sein de la Méditerranée, elle tient le milieu de cet ancien monde à qui Constantin le Grand a fait connaître la gloire de la croix du Christ.

    S'il n'est jamais arrivé qu'on ait eu à regretter, dans les plus célèbres Congrès eucharistiques, l'absence de celui qui tenait la place' du Souverain Pontife, il le faut encore moins cette année qui nous rappelle le souvenir d'une si heureuse date. C'est pourquoi, Notre cher Fils, nous avons jugé à propos de vous confier cette charge, vous que recommandaient si fortement à Notre choix soit les remarquables ornements de votre âme et de votre intelligence, soit les importantes légations que vous avez accomplies saintement et brillamment, soit encore vos écrits si bien faits pour réchauffer la piété. D'autant plus que, il n'y a pas encore bien longtemps, vous êtes déjà allé dans ces lieux mêmes, envoyé par Nous pour imposer une couronne d'or à la statue de la Vierge, Mère de Dieu, qui est honorée à Cospicua, et Nous Nous rappelons que, dans l'accomplissement de ce • mandat, vous Nous avez rempli de satisfaction et que vous vous êtes I concilié l'affection des habitants.

    C'est pour cela que Nous vous envoyons au Congrès eucharistique, > afin que vous y présidiez en Notre nom, et, par ces lettres, Nous vous ! désignons comme Notre légat. Déjà l'énergie et l'habileté de ceux qui dirigent les apprêts du Congrès, ainsi que la ferveur et la piété du peuple, ne permettent plus de douter du succès. Si les Maltais le cèdent. m quelque chose, ce n'est certes pas dans la profession ni dans le culte de la foi catholique. Cette foi, c'est l'Apôtre des nations qui la leur apporta lorsque, échappé au naufrage, il fut reçu si libéralement dans leur île; dans la suite, l'ayant reçue des anciens, ils l'ont constamment gardée, malgré toutes leurs vicissitudes. Et personne mieux que vous, Notre cher Fils, n'a été mieux à portée de la connaître, puisque non seulement vous avez assisté aux fêtes mafiales, mais que vous les avez présidées. Si la piété commune à tous les Maltais a rendu de si grands honneurs à la Mère de Dieu, que seront ceux qui seront rendus au Christ Dieu lui-même, surtout quand les étrangers, qui, dit-on, afflueront à Malte de toutes parts, ne le céderont pas en ardeur aux habitants? On peut donc affirmer déjà sans crainte que ce Congrès sera inoubliable, tant par le concours des fidèles que par la splendeur des cérémonies. Qui osera nier que ce même Congrès apportera, ce qui vaut encore mieux, les meilleurs fruits de salut non seulement aux populations de l'île, mais encore à toutes les nations catholiques, surtout si, dans les délibérations communes, on a soin d'obtempérer à Nos prescriptions au sujet de la divine Eucharistie? Il n'y a rien qui profite plus au salut commun que de voir les hommes connaître plus profondément l'immense charité du Seigneur Jésus, lui rendre avec plus de soin amour pour amour et en retirer des fruits plus abondants. En effet, pour le genre humain qui souffre de tant de maux accumulés et qui est privé des véritables biens, lui seul, qui, par sa nature, est bon et riche, peut les guérir et les enrichir, et, nulle part mieux que sous les mystérieuses espèces eucharistiques, il n'a voulu se montrer si disposé à nous guérir et à nous enrichir.

    Recevez, Notre cher Fils, comme gage des grâces divines et témoignage de Notre spéciale bienveillance, la Bénédiction apostolique que Nous vous accordons de tout Notre cœur, à vous et à tous ceux qui prendront part au Congrès de Malte.

    Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 8 avril 1913, de Notre Pontificat la dixième année.

    PIE X, PAPE. [Eucharistie, 16 juin 1913.]

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

    Lire la suite de Lettres et allocutions (1913-1914)

    19 chapitres dans l'app Lectio, avec plus de 500 œuvres des Pères de l'Église et des saints. 3 chapitres par mois sans compte, 15 avec un compte gratuit.