La Voie du salut · Alphonse de Liguori
Chapitre VII : De la mort de Jésus-Christ
I. Comment croire que le Créateur ait bien voulu mourir pour les hommes, ses créatures! Cependant il est nécessaire de le croire, puisque la foi l'enseigne ainsi. Le concile de Nicée nous prescrit cette confession de foi : « Je crois en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, lequel pour nous, hommes, et pour notre salut « s'est incarné, a été crucifié, a souffert et a été enseveli. » O Dieu d'amour! s'il est vrai que vous soyez mort pour l'amour des hommes, serait-il possible que parmi les hommes il s'en trouvât un qui, tout en croyant ce mystère, n'aimât pas un Dieu si aimant? Hélas! Seigneur, je suis pourtant un de ces ingrats; non seulement je ne vous ai point aimé, mais mille fois, pour de vains et perfides plaisirs, j'ai renoncé à votre grâce et à votre amour.
II. Vous êtes mort pour moi, ô mon Seigneur et mon Dieu! Comment ai-je donc pu, malgré cela, vous méconnaître et me déclarer contre vous? Mais, ô Sauveur, c'est pour sauver ce qui était perdu que vous êtes venu sur la terre ; mon ingratitude ne peut donc me priver de l'espérance du pardon. Oui, mon Jésus, j'espère que vous me pardonnez toutes les injures que je vous ai faites, et je l'espère par cette mort que vous avez soufferte pour moi sur le Calvaire. Puissé-je mourir de douleur, mourir d'amour toutes les fois que je pense aux offenses que je vous ai faites et à l'amour que vous avez eu pour moi. Que dois-je faire, Seigneur, pour compenser mon ingratitude. Veuillez me rappeler sans cesse la mort cruelle que vous, ô mon Dieu ! avez voulu endurer pour moi, afin que je vous aime et que je ne vous offense plus.
III. Un Dieu est mort pour moi, et moi je pourrais aimer autre chose que Dieu ! Non, mon Jésus, je ne veux rien aimer que vous. Votre amour a été jusqu'à l'excès ; vous ne pouviez faire davantage pour m'obliger à vous donner mon cœur. Mes péchés vous ont contraint de me chasser de devant votre face, mais je vois que vous ne m'avez pas encore abandonné; je vois que vous avez encore pour moi des regards d'affection ; je sens que vous m'appelez toujours à votre amour. Je ne veux plus vous résister. Je vous aime, ô mon souverain bien ! je vous aime, o Dieu digne d'un amour infini! je vous aime, ô Dieu qui êtes mort pour moi ! Faites que j'abandonne tout, que j'oublie tout pour ne songer qu'à vous aimer, qu'à vous contenter, mon Rédempteur, mon amour, mon tout. O Marie ! mon espérance, recommandez-moi à votre Fils.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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