Des unions adultères · Augustin d'Hippone
Livre I
Chapitre VIII : SIMILITUDE DES CONDITIONS DE L’HOMME ET DE LA FEMME
Nous lisons, non plus dans le sermon sur la montagne, mais dans un autre passage, les paroles suivantes : « Tout homme qui abandonne sa femme, à moins que ce ne soit pour cause de fornication, et en épouse une autre, commet un adultère8. » Si on interprète ces paroles en ce sens que l’on peut abandonner sa femme pour cause de fornication et en épouser une autre sans se rendre coupable d’adultère, il devient nécessaire de conclure que, sur le même point, la condition de la femme est inférieure à celle de l’homme. En effet, tandis que la femme qui se sépare de son mari pour cause de fornication et en épouse un autre, commet un adultère, le mari qui abandonne sa femme pour la même raison, peut, sans se rendre coupable d’adultère, épouser une autre femme. Au contraire, si la condition est la même pour tous les deux, tous les deux commettent l’adultère en contractant un nouveau mariage, lors même que la séparation aurait pour cause la fornication. Or, l’Apôtre saint Paul établit la similitude parfaite de condition pour l’homme et pour la femme, dans ce passage que nous devrons citer très souvent : « La femme n’a plus pouvoir sur son propre corps, ce pouvoir appartient au mari ; de même, le mari n’a plus pouvoir sur son propre corps, ce pouvoir appartient à la femme9. »
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