L'évangile avec les Pères

    Mc 1, 29-39

    • 5ème dimanche du Temps Ordinaire, année B · Dimanche 7 février 2027

    L'évangile

    29En sortant de la synagogue, ils allèrent aussitôt dans la maison de Simon et d’André, avec Jacques et Jean. 30Or, la belle-mère de Simon était au lit, ayant la fièvre ; aussitôt ils parlèrent d’elle à Jésus. 31Il s’approcha et la fit lever, en la prenant par la main ; au même instant la fièvre la quitta, et elle se mit à les servir. 32Sur le soir, après le coucher du soleil, il lui amenèrent tous les malades et les démoniaques, 33et toute la ville se pressait devant la porte. 34Il guérit beaucoup de malades affligés de diverses infirmités, et il chassa beaucoup de démons ; mais il ne leur permettait pas de parler, parce qu’ils le connaissaient. 35Le lendemain, s’étant levé longtemps avant le jour, il sortit, alla dans un lieu solitaire, et il y pria. 36Simon et ceux qui étaient avec lui se mirent à sa recherche ; 37et l’ayant trouvé, ils lui dirent : « Tout le monde vous cherche. » 38Il leur répondit : « Allons ailleurs dans les bourgades voisines, afin que j’y prêche aussi ; car c’est pour cela que je suis sorti. » 39Et il prêchait dans leurs synagogues, parcourant la Galilée entière, et chassait les démons.

    Bible Crampon (1923).

    Ce qu'en disent les Pères

    Réunis par saint Thomas d'Aquin dans La Chaîne d'Or sur saint Marc, traduction de l'abbé Péronne (1868).

    Mc 1, 29-31

    Bède. Il fallut d’abord refréner la langue du serpent pour qu’elle cessât de vomir ses poisons, et guérir ensuite de la fièvre de la concupiscence charnelle la femme qui fut séduite la première : « Et bientôt après, sortant de la synagogue, ils vinrent », etc. - Théophyl. Jésus se retira, selon sa coutume, le jour du sabbat, vers le soir, pour se rendre dans la demeure de ses disciples. Or, celle qui devait les servir était en proie à la fièvre : « La belle-mère de Simon Pierre était couchée, tourmentée par la fièvre ». - S. Chrys. Les disciples qui espéraient recueillir quelque avantage de la présence du Sauveur, sans attendre le soir, le priaient de guérir la belle-mère de Pierre : « Aussitôt ils lui parlèrent à son sujet ». - Bède. Saint Luc dit qu’ils lui adressèrent une prière en sa faveur (Lc 4,38). Car le Sauveur guérissait les maladies, tantôt sur la prière qu’on lui en faisait, tantôt de son propre mouvement, montrant par là qu’il prête l’oreille aux prières des fidèles qui demandent la guérison de leurs passions vicieuses ; et qu’il leur donne de comprendre ce que jusque-là ils ne comprenaient nullement ; ou qu’il accorde à une pieuse supplication le pardon des fautes méconnues, comme le demandait le Psalmiste : « Seigneur, purifiez-moi de mes fautes cachées » (Ps 19,13-14). Ici donc, c’est à la prière qu’il accorde la guérison : « Et s’approchant, il la fit lever, et lui ayant pris la main », etc. - Théophyl. Nous apprenons ici que celui qui se rend le serviteur des saints pour l’amour de Jésus-Christ peut espérer obtenir de Dieu sa guérison. - Bède. En distribuant surtout le jour du sabbat, les bienfaits de ses guérisons et de sa doctrine, il nous enseigne qu’il n’est pas soumis à la loi, mais qu’il est au-dessus de la loi ; et qu’il a fait choix, non du sabbat judaïque, mais du véritable sabbat, et que le repos qui plaît au Seigneur, c’est de joindre le zèle pour le salut des âmes à l’abstention de toute œuvre servile, c’est-à-dire de toute œuvre coupable : « Et aussitôt la fièvre la quitta », etc. La santé que le Seigneur rend à cette femme lui revient pleine et entière, et avec un tel retour de force qu’elle peut servir sur-le-champ ceux qui lui avaient porté secours. S’il est vrai, comme nous l’avons dit, que cet homme délivré du démon figure l’âme délivrée des pensées mauvaises, cette femme délivrée de la fièvre, à la parole du Seigneur, nous représente sous une image très juste la chair guérie par les préceptes de la continence des brûlantes ardeurs de la concupiscence. - S. Jér. Car la fièvre signifie l’intempérance dont nous sommes guéris, nous qui ne sommes pas les enfants de la synagogue, mais de l’Eglise à l’aide d’une discipline salutaire, et par l’élévation de nos désirs, pleins d’un saint empressement à servir ensuite celui à qui nous devons notre guérison. - Théophyl. Cette fièvre représente celui qui s’irrite, et en vient, sous l’impulsion de sa colère, à des violences que rien n’arrête ; mais si la raison retient son bras, il se lève et devient ainsi le serviteur de la raison.

    Mc 1, 32-34

    Théophyl. Comme la multitude s’imaginait qu’il n’était permis à personne de guérir des malades le jour du sabbat, elle attendait le coucher du soleil, pour amener à Jésus ceux dont elle sollicitait la guérison : « Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui apportait tous ceux qui étaient malades », etc. ; et il en guérit un grand nombre qui étaient affligés de diverses maladies. - S. Chrys. Quand l’Évangéliste dit un grand nombre, il faut entendre tous, selon l’usage de l’Ecriture. - Théophyl. Ou bien, il dit un grand nombre, parce qu’il s’en trouvait parmi ces malades quelques-uns qui ne croyaient pas, et qui ne furent pas guéris à cause de leur incrédulité. Il guérit donc un grand nombre de ceux qui lui furent présentés, c’est-à-dire ceux qui avaient la foi.

    « Et il chassait grand nombre de démons ». - S. Aug. (Quest. sur le Nouv. et l’Anc. Test., 66) Les démons savaient qu’il était le Christ promis dans la loi ; et ils voyaient réunis en lui tous les signes qu’avaient prédits les prophètes ; mais ils ignoraient le mystère de sa divinité aussi bien que les chefs des Juifs ; car s’ils l’avaient connu, jamais ils n’eussent crucifié le Seigneur de la gloire (1Co 2,8). - Bède. Le démon l’avait regardé d’abord comme un homme, épuisé qu’il était par un jeune de quarante jours, sans pouvoir néanmoins, par ses tentations, s’assurer s’il était le Fils de Dieu ; maintenant à la vue des prodiges de sa puissance, il comprit, où plutôt il soupçonna qu’il était le Fils de Dieu. Si donc il persuada les Juifs de le crucifier, ce n’est point qu’il pensât qu’il n’était pas le Fils de Dieu, mais parce qu’il ne prévit point que la mort de Jésus serait sa propre condamnation. - Théophyl. Il ne permettait point aux démons de parler, pour nous apprendre à ne pas les croire, même lorsqu’ils disent la vérité. Car lorsqu’ils rencontrent des esprits disposés à les croire, ils mêlent le mensonge à la vérité. - S. Chrys. Ce que nous lisons ici, ne contredit en rien ce que dit saint Luc (Lc 4,41), que les démons sortaient en criant : « Vous êtes le Christ, Fils de Dieu ». Car il ajoute : Et Jésus, les menaçant, ne leur permettait pas de parler. Saint Marc, qui omet beaucoup de faits pour abréger son récit, ne reproduit ici que la fin des paroles que nous venons de citer.

    Bède. Dans le sens mystique, le coucher du soleil signifie la passion et la mort de celui qui dit : « Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde » (Jn 9,5). C’est après le coucher du soleil, que les malades et les démoniaques sont guéris en plus grand nombre qu’auparavant, parce que celui qui, aux jours de sa vie mortelle, a enseigné un petit nombre de juifs, a communiqué ensuite à toutes les nations de l’univers les dons de la foi et du salut. - S. Jér. Dans le sens moral, la porte signifie la pénitence qui, avec la foi, opère la guérison de nos diverses infirmités (2Co 7,10) ; car les vices qui frappent de langueur la cité du monde sont variés et nombreux.

    Mc 1, 35-39

    Théophyl. Après avoir opéré ces guérisons, le Sauveur se retira à l’écart : « Et se levant de grand matin, il sortit et s’en alla dans le désert ». C’est ainsi qu’il nous enseigne à ne rien faire par ostentation, et à ne point divulguer les bonnes œuvres que nous pouvons faire. « Et là, il priait ». - S. Chrys. Ce n’est pas qu’il eût besoin de prier (lui qui recevait les supplications des hommes), mais il agissait ainsi dans notre intérêt, et daignait nous donner en sa personne l’exemple des vertus que nous devions pratiquer. - Théophyl. Il nous apprend aussi, par cette conduite, que nous devons rapporter à Dieu tout ce que nous faisons de bien, et lui dire : Tout don excellent vient d’en haut, et descend de vous, ô mon Dieu ! (Jc 1,17) « Et Simon le suivit et ceux qui étaient avec lui ». - S. Chrys. Saint Luc dit que la foule s’approcha de Jésus et qu’elle lui adressa cette parole que saint Marc met dans la bouche des Apôtres : Et quand ils furent arrivés près de lui, voilà, lui dirent-ils, que tous sont à votre recherche » (Lc 4,42). Il n’y a ici aucune contradiction entre les deux Évangélistes. Jésus-Christ permit d’abord aux Apôtres, puis à cette multitude, comme haletante à ses pieds, de s’approcher de lui. Il les accueillait avec joie : toutefois, il voulait les congédier, afin que pendant la courte durée de sa vie mortelle, il pût faire participer tous les autres peuples à sa doctrine. « Et il dit : Allons dans les villages voisins et dans les villes d’alentour, afin que j’y prêche aussi ». - Théophyl. Il se rend près de ceux qui ont un plus grand besoin de lui, parce que la lumière de sa doctrine ne devait pas être concentrée en un seul lieu, mais devait faire briller partout ses rayons. « Car, ajoute-t-il, je suis venu pour cela ». - S. Chrys. Il manifeste ainsi tout à la fois le mystère de son anéantissement (cf. Ph 2,7-8) (c’est-à-dire de son incarnation), et le souverain domaine de sa divinité, en déclarant qu’il est venu spontanément dans le monde. D’après saint Luc, Notre-Seigneur dit : « C’est pour cela que j’ai été envoyé » (Lc 4,43), et il exprime ainsi le décret providentiel, et la volonté miséricordieuse du Père sur l’incarnation de son Fils.

    « Et il prêchait dans leurs synagogues, et dans toute la Galilée. - S. Aug. (accord, des Evang., 2, 23). Dans cette prédication que d’après l’Évangéliste, Jésus fit en Galilée, il faut comprendre le sermon sur la montagne dont saint Matthieu fait mention et que saint Marc passe entièrement sous silence. Ce dernier Évangéliste ne dit rien qui ressemble à ce discours, si ce n’est quelques sentences sans liaison, qu’il sème dans son récit, parce que le Seigneur les a sans doute prononcées en d’autres circonstances.

    Théophyl. A la doctrine, il joint les œuvres ; car peu après sa prédication, il chassa les démons, comme nous le voyons par ce qui suit : « Et il chassait les démons ». C’est qu’en effet, si Jésus-Christ n’avait pas opéré de miracles, on n’aurait pas cru à sa parole. Et vous aussi, après avoir enseigné, agissez, afin que votre enseignement ne demeure pas stérile.

    Bède. Si par le coucher du soleil on entend, dans le sens mystique, la mort du Sauveur, pourquoi ne pas voir sa résurrection dans le retour du matin ? Après que sa lumière eut brillé sur le monde, il s’en alla dans le désert des nations idolâtres, et là il priait dans la personne de ses fidèles, parce qu’il excitait leurs cœurs par la grâce du Saint-Esprit à la vertu de prière.

    L'évangile du jour avec les Pères, chaque matin

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