Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Traité du libre arbitre · Augustin d'Hippone

    Livre I

    Chapitre II : AVANT DE RECHERCHER L’ORIGINE DU MAL, IL FAUT SAVOIR CE QUE NOUS DEVONS CROIRE SUR DIEU.

    E. Me voilà suffisamment forcé d’avouer que nous n’apprenons pas à faire le mal ; fais-moi donc connaître l’origine du mal. — A. Tu soulèves une question qui m’a violemment agité dès ma première jeunesse ; c’est elle qui, de guerre lasse, m’a poussé vers les hérétiques et m’a précipité dans l’hérésie. Cette chute me brisa, et je demeurai comme écrasé sous le monceau de leurs fables et de leurs vaines erreurs. Jamais je n’aurais pu me relever, si le désir de trouver la vérité ne m’avait obtenu le secours de Dieu ; je ne pourrais même plus respirer du côté de la première des libertés : celle de chercher. Comme ma délivrance s’est opérée de la manière la plus sérieuse, je parcourrai avec toi, dans l’examen de cette question, le chemin que j’ai moi-même suivi et qui m’a fait aboutir. Dieu interviendra pour nous faire comprendre ce que nous croyons, car nous avons ainsi la certitude de suivre la marche prescrite dans ce texte du Prophète : a Si vous ne croyez d’abord, vous «  ne comprendrez pas2.  » Nous croyons donc que tout ce qui est a Dieu pour auteur, et que cependant Dieu n’est pas l’auteur des péchés3 : Mais voici ce qui trouble notre esprit : si les âmes que Dieu a faites sont les auteurs des péchés, si ces âmes ont Dieu pour auteur, comment ne pas voir une relation de cause assez étroite entre le péché et Dieu ?

    E. Tu as parfaitement exprimé ce qui fait le tourment de ma pensée, ce qui m’a contraint et entraîné à scruter ce problème. — E. Sois ferme et crois énergiquement ce que tu crois. On ne peut rien croire de mieux, lors même qu’il serait impossible d’en trouver la raison. Et en vérité, le commencement de toute religion consiste à concevoir de Dieu l’idée la plus excellente. Or personne n’a cette idée de Lui, s’il ne croit qu’il est tout-puissant et incapable du moindre changement ; Créateur de tous les biens et meilleur lui-même que toutes ses œuvres ; gouverneur de toute sa création et la régissant selon la plus parfaite justice ; n’ayant eu besoin d’aucune nature existante pour créer, comme quelqu’un qui n’aurait pas trouvé en lui-même de quoi suffire à son œuvre. C’est pourquoi il a créé toutes choses de rien ; et de lui-même, il a non pas créé, mais engendré son égal, Celui que nous appelons le Fils unique de Dieu, Celui que dans nos efforts, pour le désigner plus clairement, nous nommons la Vertu de Dieu et la Sagesse de Dieu, par laquelle il a fait toutes choses, en les faisant sortir du néant. Ces principes établis, cherchons, avec le secours divin, à comprendre la question, et procédons de cette manière.

    Source du texte : Wikisource

    Lire la suite de Traité du libre arbitre

    64 chapitres dans l'app Lectio, avec plus de 500 œuvres des Pères de l'Église et des saints. 3 chapitres par mois sans compte, 15 avec un compte gratuit.