De la nature du bien · Augustin d'Hippone

    Chapitre X : LE NÉANT, PRINCIPE ET CAUSE DE LA CORRUPTION.

    Toutes les natures corruptibles ne sont donc des natures que parce qu’elles ont reçu l’être de Dieu. D’un autre côté, elles ne seraient pas corruptibles si elles avaient été engendrées de la substance divine, car alors elles seraient ce qu’est Dieu lui-même. Dès lors, de quelque mode, de quelque beauté, de quelque ordre qu’elles jouissent, elles n’en jouissent que parce qu’elles ont été créées par Dieu ; et si elles sont corruptibles, c’est uniquement parce qu’elles ont été tirées du néant. N’est-ce donc pas une sacrilège audace d’égaler le néant à Dieu, en comparant ce qui est né de Dieu avec ce qui est sorti du néant ?

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