L'évangile avec les Pères

    Lc 14, 1.7-14

    • 22ème dimanche du Temps Ordinaire, année C

    L'évangile

    1Un jour de sabbat, Jésus étant entré dans la maison d’un des principaux Pharisiens pour y prendre son repas, ceux-ci l’observaient. 7Ensuite, ayant remarqué l’empressement des conviés à choisir les premières places, Jésus leur dit cette parabole : 8« Quand tu seras invité par quelqu’un à des noces, ne prends pas la première place, de peur qu’il n’y ait un homme plus considéré que toi, 9et que celui qui vous aura invités l’un et l’autre ne vienne te dire : Cède-lui la place ; et qu’alors tu ne commences avec confusion à occuper la dernière place. 10Mais lorsque tu seras invité, va te mettre à la dernière place ; de cette façon, quand viendra celui qui t’a invité, il te dira : Mon ami, monte plus haut. Alors ce sera pour toi un honneur devant les autres convives. 11Car quiconque s’élève sera abaissé, et quiconque s’abaisse sera élevé. » 12Il dit aussi à celui qui l’avait invité : « Lorsque tu donnes à dîner ou à souper, n’invite ni tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni des voisins riches, de peur qu’ils ne t’invitent à leur tour, et ne te rendent ce qu’ils auront reçu de toi. 13Mais, quand tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux et des aveugles ; 14et tu seras heureux de ce qu’ils ne peuvent te rendre la pareille, car cela te sera rendu à la résurrection des justes. »

    Bible Crampon (1923).

    Ce qu'en disent les Pères

    Réunis par saint Thomas d'Aquin dans La Chaîne d'Or sur saint Luc, traduction de l'abbé Péronne (1868).

    Lc 14, 1-6

    S. Cyr. (Ch. des Pèr. gr). Bien que le Seigneur connût à fond la malice des pharisiens, il consent à s’asseoir à leur table pour l’utilité de ceux qui seraient témoins de ses paroles et de ses miracles : « Un jour de sabbat, Jésus étant entré dans la maison d’un chef des pharisiens pour y prendre son repas, ceux-ci l’observaient », c’est-à-dire, qu’ils regardaient s’il manquerait au respect dû à la loi, et s’il ferait quelque action défendue le jour du sabbat. Un hydropique s’étant donc présenté, Notre-Seigneur confond par la question suivante la témérité des pharisiens qui voulaient le prendre en défaut : « Et voici qu’un homme hydropique se trouvait devant lui : et Jésus prenant la parole, dit aux docteurs de la loi et aux pharisiens : Est-il permit de guérir le jour du sabbat ? » - Bède. Nous lisons dans le texte sacré « Et Jésus répondant », parce qu’il répond, en effet, aux pensées de ceux dont il dit plus haut : « Et ils l’observaient », (cf. Mc 12,35 Ap 7,13) car le Seigneur pénètre les plus secrètes pensées des hommes. - Théophylacte. Dans la question qu’il leur adresse, il se rit de leur folie, qui leur fait proscrire les bonnes œuvres le jour du sabbat, que Dieu lui-même a béni ; en effet, un jour où l’on ne fait point de bonnes œuvres, est un jour maudit. - Bède. Ils n’osent, et avec raison, répondre à cette question ; quelle que soit leur réponse, ils voient qu’elle tournera contre eux, car s’il est permis de guérir le jour du sabbat, pourquoi épier le Sauveur pour voir s’il guérira ? Et si ce n’est pas permis, pourquoi prennent-ils soin de leurs animaux même le jour du sabbat : « Et ils gardèrent le silence ».

    S. Cyr. Sans donc se préoccuper des embûches que lui tendent les Juifs, Notre-Seigneur guérit cet hydropique qui, par crainte des pharisiens, n’osait lui demander sa guérison le jour du sabbat ; il se tenait seulement devant lui, afin que le Sauveur, touché de compassion à la vue de son triste état, lui rendit la santé. Aussi Jésus, connaissant ses dispositions, ne lui demande pas s’il veut être guéri, mais il le guérit sans tarder : « Et prenant cet homme par la main, il le guérit et le renvoya ». - Théophyl. Notre-Seigneur ne s’inquiète pas du scandale que vont prendre les pharisiens, il ne songe qu’à faire du bien à celui dont l’état réclame son secours ; ainsi quand il s’agit d’un grand bien, nous ne devons pas nous préoccuper si les insensés en seront scandalisés. - S. Cyr. Comme les pharisiens continuent à garder un silence ridicule, Jésus confond leur impudence obstinée par de sérieuses raisons : « Puis il leur dit : Qui de vous, si son fils ou son bœuf tombe dans un puits, ne l’en retire aussitôt le jour du sabbat ? » - Théophyl. C’est-à-dire, si la loi défend les œuvres de miséricorde le jour du sabbat, ne prenez ce jour-là aucun soin de votre fils, qui est en danger ; mais pourquoi parler de votre fils, quand votre bœuf en péril a droit le jour du sabbat à toute sollicitude ? - Bède. Notre-Seigneur confond ainsi les pharisiens qui épiaient sa conduite, et condamne à la fois leur avarice, car c’était par un sentiment d’avarice qu’ils délivraient leurs animaux en péril le jour du sabbat. À combien plus juste titre, le Christ devait-il délivrer l’homme, mille fois supérieur à l’animal sans raison ? - S. Aug. (Quest. évang., 2, 29). Le Sauveur compare justement l’hydropique à l’animal qui est tombé dans un puits (car c’est un excès d’humeur liquide qui le rendait malade), comme il a comparé plus haut à l’animal qu’on délie pour le mener boire, la femme qui était comme liée depuis plusieurs années. - Bède. Il tranche donc la question par un exemple des plus propres à les convaincre qu’ils violaient le sabbat par un motif de cupidité, eux qui l’accusaient de le violer par une œuvre de charité. Aussi l’Évangéliste ajoute-t-il : « Et ils ne pouvaient rien lui répondre ».

    Dans le sens mystique, l’hydropique est la figure de celui qui est comme accablé sous le poids du cours déréglé des voluptés charnelles, car l’hydropisie tire son nom d’un épanchement de sérosité aqueuse. - S. Aug. (Quest. évang). Ou bien encore, l’hydropique figure le riche avare, car plus le liquide épanché abonde chez l’hydropique, plus il est dévoré par la soif ; ainsi plus le riche avare voit augmenter les richesses dont il fait un mauvais usage, plus aussi ses désirs s’enflamment. - S. Grég. (Moral., 14, 6). C’est à dessein que Notre-Seigneur guérit cet hydropique en présence des pharisiens, parce que l’infirmité corporelle de l’un était la figure de la maladie intérieure des autres. - Bède. Il choisit le bœuf et l’âne comme objet de sa comparaison, pour signifier les sages et les insensés, ou les deux peuples, c’est-à-dire, le peuple juif, accablé sous le joug de la loi, et le peuple des Gentils, qui n’avait pu être dompté par aucun moyen ; car Notre-Seigneur les a tous retirés du puits de la concupiscence où ils étaient tombés.

    Lc 14, 7-11

    S. Ambr. Notre-Seigneur a commencé par guérir l’hydropique, en qui la surabondance de l’humeur appesantissait l’activité de l’âme et éteignait l’ardeur de l’esprit ; il enseigne maintenant l’humilité en défendant de choisir les premières places dans les repas de noces : « Il leur dit : Quand vous serez invité à des noces », etc. - S. Cyr. En effet, aller au-devant des honneurs qui ne vous sont pas dus, c’est une preuve de témérité qui rend notre conduite digne de blâme. Aussi le Sauveur ajoute : « De peur qu’il ne se trouve quelqu’un plus considéré que vous », etc. - S. Chrys. C’est ainsi que l’ambitieux n’obtient pas les distinctions qu’il désire, mais subit un honteux affront et qu’en cherchant de trop grands honneurs il n’en reçoit aucuns. Mais comme rien n’est comparable à l’humilité, le Sauveur engage ceux qui l’écoutent à faire le contraire ; non seulement il leur défend d’ambitionner les premières places, il leur commande de rechercher les dernières : « Mais lorsque vous serez invité, allez vous asseoir à la dernière place », etc. - S. Cyr. Car celui qui ne désire point d’être placé au-dessus des autres, l’obtient justement de la divine Providence : « Afin que quand viendra celui qui vous a invité, il vous dise : Mon ami, montez plus haut ». Ce n’est pas ici une réprimande sévère, mais une observation pleine de douceur, car un simple avertissement suffit aux sages, et c’est ainsi que l’humilité est couronnée de gloire et d’honneur : « Alors ce sera une gloire pour vous devant ceux qui seront à table avec vous ».

    S. Bas. (Règl. développ., quest. 21). Prendre la dernière place dans les repas, est chose louable pour tous, mais vouloir s’en emparer avec obstination est une action digne de blâme, parce qu’elle trouble l’ordre et devient une cause de tumulte, et une contestation soulevée à ce sujet vous rend semblables à ceux qui se disputent la première place. Nous devons donc laisser au maître du festin, comme l’observe Notre-Seigneur, le soin de placer ses convives. C’est ainsi que nous nous supporterons mutuellement en toute patience et en toute charité, nous traitant les uns les autres avec déférence selon l’ordre, et fuyant toute vaine gloire et toute ostentation. Nous ne chercherons pas non plus à pratiquer une humilité affectée au prix de vives contestations, mais nous paraîtrons humbles surtout par la condescendance mutuelle et par la patience. Car l’amour de la contestation et de la dispute est un plus grand signe d’orgueil que de s’asseoir à la première place, quand on ne la prend que par obéissance.

    Théophyl. Que personne ne pense que ces enseignements de Jésus-Christ soient peu importants et indignes de la grandeur et de la magnificence du Verbe de Dieu, car vous ne regarderiez pas comme un médecin dévoué celui qui vous promettrait de vous guérir de la goutte, mais qui refuserait de guérir une plaie survenue à votre doigt ou un simple mal de dents. D’ailleurs est-elle donc si peu importante cette passion de la vaine gloire qui agitait et troublait ceux qui recherchaient les premières places ? Il était donc souverainement utile que le Maître de l’humilité retranchât toutes les branches de cette racine pernicieuse. Remarquez enfin l’opportunité de cet enseignement, alors qu’on allait se mettre à table, et que le Sauveur était témoin du violent désir d’occuper les premières places qui tourmentait ces infortunés.

    S. Cyr. Après avoir montré par ce fait si simple comment les orgueilleux étaient abaissés, et comment les humbles sont exaltés, il fait suivre cet exemple d’une leçon plus importante, et proclame cette maxime générale : « Car quiconque s’élèvera sera humilié, et quiconque s’humilie sera exalté », paroles qui doivent s’entendre de la règle suivie par la justice de Dieu et non de la conduite ordinaire des hommes, qui accordent souvent les honneurs à ceux qui les désirent, et qui laissent les humbles dans l’obscurité. - Théophyl. Cependant celui qui se pousse lui-même aux honneurs, ne jouit pas d’une estime durable et universelle ; tandis que les uns semblent l’honorer, les autres le déchirent, et souvent ceux qui affectent de le traiter avec plus de distinction.

    Bède. Mais puisque l’Évangéliste appelle cet enseignement une parabole, examinons brièvement quel en est le sens figuré. Que celui qui est invité aux noces de Jésus-Christ et de son Église, et qui se trouve par la foi en union avec les membres de l’Église, ne s’enorgueillisse pas de ses mérites, comme s’il était plus élevé que les autres, car il sera obligé de céder la place à un plus honorable que lui, bien qu’invité après lui, lorsqu’il se verra précédé par l’ardeur de ceux qui l’ont suivi dans les voies ouvertes par Jésus-Christ. Et il descendra couvert de confusion à la dernière place, quand il reconnaîtra la supériorité des autres sur lui, et qu’il se verra obligé de rabattre de la haute estime qu’il avait de sa vertu. On s’assoie à la dernière place quand on met en pratique la recommandation de l’Esprit saint : « Plus vous êtes grand, plus vous devez vous humilier en toutes choses ». (Si 3,18). Alors le Seigneur donnant le nom d’ami à celui qu’il trouvera dans ces sentiments d’humilité, lui commandera de monter plus haut, car quiconque s’humilie comme un enfant, est le plus grand dans le royaume des cieux (Mt 18,4). Remarquez ces paroles : « Alors ce sera une gloire pour vous » ; ne cherchez donc pas maintenant ce qui vous est réservé pour la fin. On peut aussi cependant l’entendre de cette vie, car Notre-Seigneur entre tous les jours dans la salle du festin nuptial, tous les jours il abaisse les orgueilleux, et répand en si grande abondance dans le cœur des humbles les dons de son esprit, que tous les convives, c’est-à-dire l’assemblée des fidèles les admire et les honore. La conclusion générale qui termine cette parabole, prouve qu’il faut entendre dans un sens plus élevé les paroles de Notre-Seigneur, car il n’est pas vrai de dire que tous ceux qui s’élèvent devant les hommes soient abaissés, ou que ceux qui s’humilient devant les hommes soient exaltés par eux, mais celui qui s’enorgueillit de ses mérites sera certainement humilié par le Seigneur, et celui qui s’humilie des bienfaits qu’il en a reçus sera élevé par sa main puissante.

    Lc 14, 12-14

    Théophyl. Un festin se compose de deux sortes de personnes (ceux qui invitent et ceux qui sont invités), Notre-Seigneur ayant donc exhorté ceux qui sont invités à la pratique de l’humilité, s’acquitte envers celui qui l’avait invité, en lui recommandant de ne point inviter par un motif d’intérêt et dans l’intention de recevoir de ses convives une invitation semblable : « Il dit aussi à celui qui l’avait invité : Lorsque vous donnerez à dîner ou à souper, n’appelez ni vos amis, ni vos frères », etc. - S. Chrys. (hom. sur la 1 Epit. aux Cor). Il est plusieurs causes qui peuvent donner lieu aux relations d’amitié ; nous passons sous silence les causes qui sont criminelles pour ne parler que des causes naturelles et morales ; les causes naturelles produisent les rapports d’amitié entre le père et le fils, entre les frères et les autres parents, et c’est d’eux que Notre-Seigneur dit : « Ni vos frères, ni vos parents ». Les causes morales sont les invitations réciproques ou le voisinage, et le Sauveur y fait allusion en ajoutant : « Ni vos voisins ».

    Bède. Notre-Seigneur ne défend pas comme un crime aux frères, aux amis et aux riches, de se donner mutuellement des repas, mais il veut montrer que ces rapports comme toutes les autres relations sociales, sont de nul prix pour obtenir les récompenses de la vie céleste. C’est pour cela qu’il ajoute : « De peur qu’ils ne vous invitent à leur tour, et ne vous rendent ce qu’ils auront reçu de vous ». Il ne dit pas : De peur que vous ne deveniez coupable. Ces paroles ont la même signification que ces autres : « Et si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quel est votre mérite ? » (Lc 6,33). Il est cependant de ces festins mutuels entre frères et voisins, qui non seulement reçoivent leur récompense ici-bas, mais aussi leur condamnation dans l’autre vie. Ce sont ces festins qu’on se donne à frais communs, ou bien tour à tour, et où on ne se réunit que dans un but criminel et pour exciter, par l’excès du vin, toutes les passions de la chair.

    S. Chrys. (comme précéd). Ne faisons donc jamais du bien aux autres dans l’espérance qu’ils nous le rendent, c’est là une intention misérable ; aussi une amitié de ce genre perd-elle bientôt toute sa force ; si au contraire vous invitez les pauvres, vous aurez pour débiteur Dieu, qui ne vous oubliera jamais : « Mais lorsque vous faites un festin, appelez-y les pauvres, les estropiés, les boiteux et les aveugles ». (hom. 45 sur les Actes). Plus votre frère est obscur et pauvre, plus vous êtes certain que Jésus-Christ se présente à vous et vous visite dans sa personne. Celui qui reçoit un homme de condition, le fait souvent pour un motif de vaine gloire ou pour un motif semblable, souvent encore dans un but d’intérêt personnel pour arriver plus aisément aux honneurs. Je pourrais en citer un grand nombre qui courtisent les plus illustres sénateurs, afin d’avoir par leur crédit une plus grande part aux faveurs des princes. Ne recherchons donc point ceux qui peuvent nous rendre le bien que nous leur faisons. « Et vous serez heureux de ce qu’ils n’ont rien à vous rendre ». Soyons donc sans inquiétude, lorsque nous ne recevons pas la récompense de nos bienfaits ; soyons bien plutôt inquiets, quand nous la recevons, car alors nous n’avons plus rien à attendre ; mais si les hommes ne nous rendent rien, alors c’est Dieu lui-même qui nous le rendra : « Car vous en recevrez la récompense à la résurrection des justes ». - Bède. Bien que la résurrection doive être générale, il est fait cependant une mention spéciale de la résurrection des justes, parce que dans cette résurrection, ils ne pourront douter de leur bonheur. Ceux donc qui invitent les pauvres à leurs repas, en recevront la récompense dans l’autre vie ; ceux au contraire qui invitent leurs amis, leurs frères et les riches, reçoivent ici-bas leur récompense. Si cependant ils le font pour Dieu, à l’exemple des enfants de Job (Jb 1,4), de même qu’ils remplissent les autres devoirs de la charité fraternelle, ils en seront récompensés par celui qui est l’auteur de ces devoirs.

    S. Chrys. (hom. 1 sur l’Epit. aux Coloss). Vous me direz : Ce pauvre est d’une malpropreté repoussante : Lavez-le, et faites-le ensuite asseoir à votre table. Ses vêtements sont misérables ? Donnez-lui en de plus convenables. Comment, Jésus-Christ vous visite dans la personne de ce pauvre, et vous apportez d’aussi frivoles prétextes ? - S. Grég. de Nysse. (Ch. des Pèr. gr). Gardez-vous donc de mépriser les pauvres, comme s’ils n’avaient droit à rien. Réfléchissez à ce qu’ils sont, et vous reconnaîtrez bientôt leur dignité et leur valeur. Ils sont revêtus de l’image de Jésus-Christ, ils sont les héritiers des biens futurs, les portiers du ciel, de puissants accusateurs et d’éloquents défenseurs, sans avoir besoin de prendre la parole, mais par leur seule présence devant le Juge suprême. - S. Chrys. (hom. 45 sur les Actes). Vous devriez les recevoir sur la terrasse de votre maison exposée aux rayons du soleil (Jos 2,6 Jg 16,27 1S 9,15 2S 11,2 2S 16,11). Si cela vous répugne, recevez au moins Jésus-Christ dans les places inférieures où sont vos animaux et vos serviteurs, que le pauvre soit au moins le portier de vos demeures ; car le démon n’ose entrer là où on fait l’aumône ; et si vous ne consentez à les faire asseoir près de vous, envoyez-leur au moins les miettes de votre table.

    Orig. (ou Géom., Ch. des Pèr. gr). Dans le sens figuré, celui qui veut éviter la vaine gloire invite à son banquet spirituel les pauvres, c’est-à-dire les ignorants, pour les enrichir ; les infirmes, c’est-à-dire ceux dont la conscience est malade, pour les guérir ; les boiteux, c’est-à-dire ceux qui s’écartent des sentiers de la raison, pour les guérir ; les aveugles, c’est-à-dire ceux qui ne peuvent contempler la vérité, pour faire briller à leurs yeux la vraie lumière. Quant aux paroles qui suivent : « Ils ne peuvent vous le rendre », c’est-à-dire ils sont incapables de vous répondre.

    L'évangile du jour avec les Pères, chaque matin

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