L'évangile avec les Pères

    Jn 15, 1-8

    • 5ème Dimanche de Pâques, année B · Dimanche 25 avril 2027

    L'évangile

    1« Je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. 2Tout sarment qui en moi ne porte pas de fruit, il le retranche ; et tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde, afin qu’il en porte davantage. 3Déjà vous êtes purs, à cause de la parole que je vous ai annoncée. 4Demeurez en moi, et moi en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure uni à la vigne, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi. 5Je suis la vigne, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi, et en qui je demeure, porte beaucoup de fruits : car, séparés de moi, vous ne pouvez rien faire. 6Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche ; puis on ramasse ces sarments, on les jette au feu, et ils brûlent. 7Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé. 8C’est la gloire de mon Père que vous portiez beaucoup de fruits, et que vous soyez mes disciples.

    Bible Crampon (1923).

    Ce qu'en disent les Pères

    Réunis par saint Thomas d'Aquin dans La Chaîne d'Or sur saint Jean, traduction de l'abbé Péronne (1868).

    Jn 15, 1-3

    S. Hil. (de la Trin., 9) Notre-Seigneur se lève et se hâte d’aller consommer le mystère de sa passion par l’amour qui le porte à exécuter les ordres de son Père. Cependant il veut expliquer auparavant le mystère de son incarnation, en vertu de laquelle nous lui sommes unis, comme les branches sont unies à la vigne : « Je suis la vraie vigne », dit-il à ses disciples. - S. Aug. (Traité 80 sur S. Jean). Le Sauveur parle ici comme étant le chef de l’Eglise, dont nous sommes les membres, comme le médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme (1Tm 5). En effet, les branches de la vigne sont de même nature que la tige. Mais lorsque Notre-Seigneur dit : « Je suis la vraie vigne », a-t-il ajouté le mot vraie par opposition à la vigne, qu’il prend ici pour terme de comparaison ? Car on lui donne le nom de vigne dans un sens figuré et non au littéral, de même qu’on lui donne les noms d’agneau, de brebis et d’autres encore, où la réalité extérieure existe bien plutôt dans les choses qui sont prises comme objets de comparaison. En disant : « Je suis la vraie vigne », il a donc voulu se séparer de cette vigne, à laquelle Dieu dit, par son Prophète : « Comment vous êtes-vous changée en amertume, ô vigne étrangère ? » (Jr 2,21). Et comment serait-elle la vraie vigne, elle qui, au lieu de fruits qu’on attendait, n’a produit que des épines ? (Is 5)

    S. Hil. (de la Trin., 9) Mais le Sauveur a soin de distinguer la majesté divine de son Père de l’humble nature dont il s’est revêtu dans son incarnation, et il le représente comme étant le vigneron intelligent qui cultive cette vigne : « Et mon Père est le vigneron ». - S. Aug. Nous cultivons Dieu, et Dieu nous cultive ; mais nous cultivons Dieu non pour le rendre meilleur, nous le cultivons en l’adorant et non en le labourant ; tandis que Dieu nous cultive pour nous rendre meilleurs que nous ne sommes ; c’est notre âme qui est l’objet de cette culture, et il ne cesse d’extirper tous les mauvais germes de notre cœur, de l’ouvrir par sa parole comme avec le soc de la charrue, d’y jeter la semence de ses commandements, et d’en attendre le fruit de la piété.

    S. Chrys. Mais Jésus-Christ se suffit à lui-même, tandis que les disciples ont un grand besoin de la main du laboureur ; aussi ne dit-il rien de la vigne elle-même, il ne parle que des branches : « Toute branche qui ne porte point de fruit en moi, il la retranchera ». Ce fruit c’est la vie de la grâce, et Notre-Seigneur nous apprend ainsi que sans les œuvres, nous ne pouvons lui être unis. - S. Hil. (de la Trin., 9) Quant aux branches inutiles et infructueuses, il les coupera et les jettera au feu. - S. Chrys. Ceux mêmes qui sont arrivés à une haute vertu ont besoin de l’opération de ce céleste vigneron, et c’est pour cela qu’il ajoute : « Et la branche qui porte du fruit il l’émondera, afin qu’elle en porte davantage ». Il veut parler ici des tribulations qui les attendaient, et Il leur enseigne que les épreuves les rendront plus forts et plus vigoureux, de même qu’on rend la branche de la vigne plus féconde en la taillant et en l’émondant.

    S. Aug. Mais qui peut se glorifier d’être si pur dans cette vie, qu’il n’ait point besoin d’être purifié encore davantage, puisque si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous trompons nous-mêmes ? (1Jn 1,8) Dieu purifie donc ceux qui sont déjà purs, afin que cette pureté plus grande, soit aussi la cause d’une plus grande fécondité. Or, Notre-Seigneur Jésus-Christ est la vigne, sous le même rapport qui lui fait dire : « Mon Père est plus grand que moi » (Jn 14,28). Mais lorsqu’il dit : « Mon Père et moi ne sommes qu’un » (Jn 10,30), il est également le vigneron. Et il n’est point vigneron, comme ceux qui ne peuvent que donner leur travail extérieur, son opération va jusqu’à produire l’accroissement intérieur. Aussi se représente-t-il aussitôt comme celui qui émonde aussi la vigne : « Déjà, leur dit-il, vous êtes purs, à cause des paroles que je vous ai dites ». Voilà donc qu’il émonde les branches, ce qui est l’office du vigneron et non de la vigne. Mais pourquoi ne dit-il pas : Vous êtes déjà purs, à cause du baptême dans lequel vous avez été lavés ? Parce que, dans l’eau du baptême, c’est la parole qui purifie. Otez la parole, et l’eau n’est plus que de l’eau ordinaire. La parole vient se joindre à l’eau, et forme le sacrement. Or, d’où peut venir à l’eau cette si grande vertu de purifier le cœur en touchant le corps, si ce n’est de la parole, et non pas de la parole simplement dite, mais de la parole qui est crue ? Il faut distinguer, en effet, dans la parole, le son qui passe de la vertu qui demeure. Cette parole de la foi a une telle puissance dans l’Eglise de Dieu, que par celui qui croit, qui offre, qui bénit, qui répand l’eau, elle purifie l’enfant, qui est encore incapable de croire - S. Chrys. Ou bien encore, tel est le sens de ces paroles : Vous êtes purs, à cause des paroles que je vous ai dites. C’est-à-dire, vous avez reçu la lumière de la doctrine, et vous êtes délivrés des erreurs judaïques.

    Jn 15, 4-7

    S. Chrys. (hom. 75 sur S. Jean) Après leur avoir déclaré qu’ils sont purs à cause des instructions qu’il leur avait données, il leur enseigne à faire ce qui dépend d’eux pour prêter leur concours à la grâce : « Demeurez en moi, et moi en vous ». - S. Aug. (Traité 81 sur S. Jean.) Ils n’étaient pas en lui de la même manière qu’il était en eux, car cette union réciproque ne pouvait être utile qu’à eux seuls. Les branches sont unies étroitement à la vigne, mais sans lui rien communiquer ; tandis que c’est d’elle qu’elles tirent le principe de leur vie. La vigne, au contraire, est unie aux branches de manière à leur communiquer sa sève vivifiante, sans rien recevoir d’elles. Ainsi cette demeure de Jésus-Christ dans les apôtres et des apôtres dans Jésus-Christ, n’a d’autre but que leur avantage et non celui de Jésus-Christ. C’est pour cela qu’il ajoute : « De même que la branche ne peut porter de fruit si elle ne demeure unie à la vigne, ainsi vous ne le pouvez non plus si vous ne demeurez en moi ». Quel magnifique éloge de la grâce ! Comme il est propre à instruire les cœurs des humbles et à fermer la bouche des superbes ! N’est-ce pas contredire cette vérité que de ne pas croire à la nécessité d’un secours divin pour faire le bien, et ceux qui sont dans cette erreur que font-ils ? Loin d’affirmer et de défendre le libre arbitre, ils ne font que le ruiner. Celui qui s’imagine pouvoir porter du fruit par lui-même, n’est pas uni à la vigne ; celui qui n’est pas dans la vigne n’est pas dans Jésus-Christ, et celui qui n’est pas dans Jésus-Christ n’est pas chrétien. - Alcuin. Tout le fruit des bonnes œuvres vient comme de sa racine, de celui qui nous a délivrés par sa grâce, et nous donne par son secours une force nouvelle pour nous faire produire du fruit en plus grande abondance. Aussi Notre-Seigneur revient sur cette vérité, en lui donnant un plus grand développement : « Je suis la vigne, et vous êtes les branches ; si quelqu’un demeure en moi (par la foi, l’obéissance, la persévérance), et moi en lui, (par les lumières que je répands dans son âme, par ma grâce et le don de persévérance), celui-là, (à l’exclusion de tout autre), portera beaucoup de fruit ». - S. Aug. Et que personne ne s’imagine que la branche puisse produire par elle-même quelque peu de fruit, car Notre-Seigneur ajoute : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire ». Il ne dit pas : Vous pourrez faire peu de chose, car si la branche ne demeure attachée à la vigne, et ne tire de sa racine la sève qui lui donne la vie, elle ne peut absolument produire aucun fruit. Or, bien que Jésus-Christ ne pût être la vigne, s’il n’était homme, cependant il ne pourrait communiquer une si grande vertu aux branches, s’il n’était également Dieu.

    S. Chrys. Vous voyez que le Fils procure autant de grâces aux disciples que le Père. Le Père émonde les branches, le Fils les tient unies avec lui, et leur donne ainsi la vertu de produire des fruits. Et cependant nous avons vu qu’il appartient aussi au Fils d’émonder, de même que le Père qui a engendré la racine, nous donne aussi de demeurer attaché à la racine ; c’est donc déjà un grand malheur que de ne pouvoir rien faire absolument ; toutefois Notre-Seigneur ne s’arrête pas là, et il ajoute : « Celui qui ne demeure pas en moi, sera jeté comme le sarment (c’est-à-dire, qu’il n’aura aucune part aux soins du vigneron), et il séchera (c’est-à-dire, qu’il perdra le peu de sève qu’il avait reçue de la racine, et qu’il sera privé de tout secours et de la vie), et on le ramassera ». - Alcuin. (Ce sont les anges qui le recueilleront), et on le jettera au feu, et il brûlera. - S. Aug. Car plus le bois de la vigne est précieux, s’il demeure uni à la vigne, plus il est vil et méprisable s’il vient à en être détaché ; il n’y a pour la branche d’autre alternative que d’être unie à la vigne ou d’être jetée dans le feu. Si elle ne reste point attachée à la vigne, elle sera jetée au feu ; qu’elle demeure donc unie à la vigne pour éviter le feu.

    S. Chrys. Notre-Seigneur explique ensuite ce que c’est que de demeurer en lui : « Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez tout ce que vous voudrez, et il vous sera accordé ». Ce qu’il demande, c’est le témoignage des œuvres. - S. Aug. Ses paroles demeurent en nous, lorsque nous accomplissons ses commandements et que nous aimons ses promesses, mais si ses paroles ne restent que dans la mémoire, et qu’on n’en trouve aucune trace dans la vie, le sarment ne fait plus partie de la vigne, parce qu’il ne tire plus sa vie de la racine. Or, que peuvent vouloir ceux qui demeurent en Jésus-Christ, que ce qui a rapport à leur salut ? En effet, ce que nous voulons lorsque nous sommes unis à Jésus-Christ, est tout différent de ce que nous voulons, lorsque nous sommes encore attachés au monde. Il arrive quelquefois que la partie de nous-mêmes qui demeure encore dans le monde, nous suggère des prières dont nous ne voyons pas l’opposition avec notre salut, mais loin de nous la pensée que nous obtenions ce que nous demandons, si nous demeurons en Jésus-Christ, qui n’exauce que les prières qui nous sont utiles. La prière qui commence par ces mots : « Notre Père », fait partie des paroles de Jésus-Christ, dont il est ici question, prenons donc soin de ne pas nous écarter dans nos demandes des paroles et de l’esprit de cette divine prière, et tout ce que nous demanderons nous sera infailliblement accordé.

    Jn 15, 8-11

    S. Chrys. (hom. 75 sur S. Jean). Notre-Seigneur venait de déclarer à ses disciples, que ceux qui lui tendaient des embûches et ne demeuraient pas en Jésus-Christ, seraient condamnés au feu ; il leur prédit maintenant qu’ils seront à l’épreuve de toutes les attaques, et qu’ils porteront beaucoup de fruits : « C’est la gloire de mon Père que vous portiez beaucoup de fruit », c’est-à-dire, si la gloire de mon Père est intéressée à ce que vous portiez du fruit, il ne négligera pas sa gloire ; or, celui qui produit du fruit est disciple de Jésus-Christ, comme l’ajoute Notre-Seigneur : « Et que vous deveniez mes disciples » (Jn 15,8). - Théophyl. Le fruit que devaient porter les Apôtres sont les nations qu’ils ont enchaînées à la foi par leurs enseignements, et dont ils ont fait autant d’instruments de la gloire de Dieu. - S. Aug. (Traité 82 sur S. Jean). Que l’on traduise, c’est l’honneur ou la gloire, clarificatus, sive glorificatus, l’un et l’autre de ces deux mots sont la traduction du même mot grec d üaeá, en latin, gloria, gloire ; j’ai cru utile de faire cette remarque, pour que nous ne soyons pas tentés de tourner à notre propre gloire le mérite de nos bonnes œuvres, comme s’il venait de nous, car il vient de sa grâce, et nous devons lui en renvoyer exclusivement la gloire. Qui pourrait, en effet, nous faire produire du fruit, si ce n’est celui dont la miséricorde nous a prévenus ? Aussi le Sauveur ajoute-t-il : « Comme mon Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés » (Jn 15,9). Voilà pour nous le principe de toutes les bonnes œuvres, et d’où pourraient-elles venir, si ce n’est de la foi qui opère par la charité ? Et comment aurions-nous pu l’aimer, s’il ne nous aimait le premier ? Quant à ces paroles : « Comme mon Père m’a aimé, moi aussi je vous aime », elles n’emportent pas l’égalité de nature entre nous et Jésus-Christ, comme elle existe entre son Père et lui, elles signifient simplement la grâce du médiateur de Dieu et des hommes, Jésus-Christ homme. C’est cette médiation qu’il veut exprimer, lorsqu’il dit : « Comme mon Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés », car le Père nous aime aussi, mais en Jésus-Christ.

    S. Chrys. Si donc le Père vous aime, prenez confiance, et s’il y va de la gloire du Père, efforcez-vous de produire du fruit. Et pour prévenir toute négligence de leur part, il ajoute : « Demeurez dans mon amour ». Comment ? « Si vous gardez mes commandements », etc. - S. Aug. Qui doute que l’amour ne précède l’observation des commandements ? Celui qui n’aime pas, n’a aucun motif de garder les commandements. Ce n’est donc point le principe et la cause, mais les effets de l’amour que le Sauveur veut nous indiquer ici, afin que personne ne s’illusionne en affirmant qu’il aime Dieu, sans garder ses commandements ? Toutefois ces paroles : « Demeurez dans mon amour », ne précisent pas de quel amour Notre-Seigneur veut parler, de celui que nous avons pour lui, ou de celui qu’il a pour nous ; et ce n’est que par ce qui précède que nous pouvons le savoir. En effet, après avoir dit : « Je vous ai aimés », il ajoute aussitôt : « Demeurez dans mon amour », c’est-à-dire, dans l’amour dont il les a aimés. Or, que signifient ces paroles : « Demeurez dans mon amour ? » persévérez dans ma grâce ? Et que veut-il dire quand il ajoute : « Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour ? » Le signe certain que vous persévérez dans l’amour que j’ai pour vous, c’est la fidélité à observer mes commandements. Ce n’est donc point pour mériter son amour que nous observons ses commandements, mais nous ne pouvons les observer, s’il ne nous aime le premier. C’est la grâce qui est révélée aux humbles et qui demeure cachée aux superbes. Mais quel est le sens des paroles suivantes : « Comme moi-même j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour ? » Le Sauveur veut aussi parler de l’amour que son Père a pour lui. Mais devons-nous entendre que le Père aime son Fils par grâce, dans le même sens que nous sommes redevables à la grâce de l’amour du Fils, alors que nous sommes les enfants de Dieu, non par nature, mais par grâce, tandis que le Fils unique est Fils par nature et non par grâce ? Ou bien faut-il entendre ces paroles du Fils de Dieu fait homme ? Oui, sans doute, car ces paroles : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous aime », expriment la grâce du médiateur ; or c’est comme homme et non comme Dieu que Jésus-Christ est médiateur de Dieu et des hommes. Nous pouvons donc dire en toute vérité, que bien que la nature humaine n’ait point de rapport avec la nature divine, cependant elle a été unie à la personne du Fils de Dieu, par un effet de la grâce, et d’une grâce si extraordinaire, qu’il n’en est ni de plus grande, ni même d’égale. En effet, cette union de la nature divine avec la nature humaine n’est la récompense d’aucun mérite de la part de l’homme, et c’est de cette union, au contraire, que les mérites des hommes ont découlé comme de leur source. - Alcuin. Or l’Apôtre nous apprend de quels préceptes le Sauveur a voulu ici parler lorsqu’il dit : « Jésus-Christ s’est rendu obéissant à son Père jusqu’à la mort, et jusqu’à la mort de la croix » (Ph 2,8).

    S. Chrys. (hom. 77 sur S. Jean). Mais comme sa passion qui approchait et de tristes paroles étaient de nature à troubler et interrompre leur joie, le Sauveur ajoute : « Je vous ai dit ces choses afin que ma joie soit en vous, et que cette joie soit pleine et parfaite », c’est-à-dire, bien que la tristesse doive s’emparer de vous, je la dissiperai et je la changerai à la fin en joie. - S. Aug. (Traité 83). Quelle est cette joie de Jésus-Christ en nous, si ce n’est celle dont il daigne se réjouir à notre occasion ? Et quelle est notre joie dont il nous prédit le parfait accomplissement, si ce n’est la participation à son propre bonheur ? La joie qu’il avait à notre sujet était déjà parfaite, quand il nous prédestinait dans sa prescience divine, mais cette joie n’était pas encore en nous, parce que nous n’existions pas encore. Elle a commencé à être en nous lorsqu’il nous a appelés à la foi. Et nous disons à juste titre que cette joie est notre joie, puisque c’est elle qui doit faire un jour notre félicité ; elle commence avec la foi qui nous régénère, elle sera pleine et parfaite avec la résurrection qui sera notre récompense.

    L'évangile du jour avec les Pères, chaque matin

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