Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Épître de Barnabé · Pseudo-Barnabé

    Chapitre I : de L’épître Catholique Qu’on Lui Attribue.

    Saint Barnabé était né dans l’île de Chypre, d’une famille de la tribu de Lévi. Saint Luc lui donne le titre d’apôtre. Il s’appelait Joseph. C’est après l’Ascension que les apôtres ont changé son nom en celui de Barnabé, qui signifie consolation. Il avait été condisciple de saint Paul sous Gamaliel. Il signala sa conversion par la vente de tous ses livres, qui étaient fort considérables, et dont il apporta le prix aux pieds des apôtres. Ce fut lui qui présenta Paul à saint Pierre et à saint Jacques, et se porta pour garant de la sincérité de sa conversion. L’Écriture l’appelle un homme bon, plein de foi, rempli de l’Esprit saint. Il reçut à Antioche la mission du Ciel pour aller avec saint Paul prêcher la foi aux Gentils. Cette mission lui fut confirmée dans le concile de Jérusalem, où il avait beaucoup contribué à faire rendre le décret contre les cérémonies légales. Il prêcha avec saint Paul à Antioche, à Séleucie, à Salamine, à Paphos, à Icône, à Lystre, et dans les principales villes de l’Asie mineure. À Lystre, le peuple, encore idolâtre, le prit pour Jupiter, et voulut lui offrir des sacrifices.

    La majesté de sa taille frappait de respect, et son extrême douceur lui conciliait tous les esprits.

    C’est une tradition appuyée sur d’anciens monuments, qu’après avoir fondé l’église de Chypre, il se rendit à Salamine où il couronna sa vie par le martyre. Son corps fut découvert du temps de l’empereur Zénon, l’an 488. On trouva sur sa poitrine l’Évangile de saint Matthieu, qu’il avait écrit en hébreu de sa propre main.

    Ce qui prouve que l’épître qu’on lui attribue n’est pas de lui, c’est que l’Église, qui l’honore comme un apôtre, n’aurait pas manqué de la mettre au rang des livres sacrés et canoniques. C’est la raison que saint Augustin employait pour prouver que les ouvrages attribués par les hérétiques à saint André et à saint Jean n’étaient pas d’eux. « S’ils étaient de ces apôtres, disait ce Père, l’Église les aurait reçus. »

    « Quel qu’en soit l’auteur, dit le savant Tillemont, cette épître est assurément digne de vénération, et par l’estime qu’on en a toujours faite, et par sa haute antiquité. »

    C’est Origène qui lui donne le nom de catholique, c’est-à-dire adressée à tous les fidèles.

    Il la place après les livres canoniques, parmi les ouvrages qui à la vérité ne sont pas des auteurs dont ils portent le nom, mais qui n’ont rien de commun avec les ouvrages supposés par les hérétiques pour appuyer leurs erreurs, et reconnus faux et apocryphes. C’est en ce sens qu’il faut entendre les paroles de saint Jérôme sur cette épître, puisqu’il en recommande la lecture comme très utile aux fidèles.

    Elle ne porte aucun titre et aucune date, mais il est évident par le style et par certains passages qu’elle appartient aux temps apostoliques, et qu’elle fut écrite peu après la ruine de Jérusalem. Elle était déjà fort répandue parmi les fidèles vers le milieu du second siècle.

    Elle semble adressée particulièrement aux Juifs hellénistes nouvellement convertis à la foi, mais encore attachés aux cérémonies légales, et peut se diviser en deux parties. Dans la première, l’auteur prouve que les cérémonies mosaïques ont été abolies par la loi nouvelle. Il ramène sans cesse les Juifs au sens spirituel caché sous le voile des figures anciennes qu’il développe et explique avec clarté. Après avoir solidement établi la divinité du Verbe et son humanité, la vie à venir et le jugement dernier, l’auteur tire des inductions utiles à la conduite des mœurs, ce qui forme la seconde partie. L’ordre de cette épître est remarquable. Nous le suivrons fidèlement, en abrégeant tout ce qui est de détail. On y trouve partout une douceur, une onction apostolique. Les grandes vérités du dogme et de la morale sont exposées d’une manière lumineuse et souvent éloquente.

    Il suffit de lire cette épître pour se convaincre du mérite de ce monument, et combien il était précieux à conserver.

    Source du texte : Wikisource

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